Le rôle des nutriments dans l'organisme de l'animal
Comprendre l’importance des minéraux, des oligoéléments et des vitamines
Les minéraux, oligoéléments et vitamines participent au bon fonctionnement de l’organisme. Leurs apports varient notamment selon la composition des fourrages et les caractéristiques des sols. Selon la ration distribuée, certains éléments peuvent être présents en quantité insuffisante ou excessive. Comprendre leur rôle et leurs interactions aide à mieux adapter l’alimentation aux besoins des animaux.
Pour en savoir plus sur les différentes solutions de complémentation, lire l'article : Minéraux, oligoéléments et vitamines en élevage.
Sommaire
Les minéraux : Quels rôles jouent-ils dans la performance de votre élevage ?
Les minéraux majeurs ou macro-éléments
Les principaux macro-éléments sont le calcium, le phosphore, le magnésium, le potassium, le sodium, le chlore et le soufre.
Ils entrent dans la constitution des tissus et assurent un rôle structurel (constitution du squelette par exemple) et maintiennent l’équilibre au sein de l’organisme en assurant la transmission de l’influx nerveux ou les échanges entre les cellules.
Le phosphore et le calcium contribuent au bon fonctionnement du rumen et à la solidité du squelette. Sans apport, on observera rapidement une baisse de production ou des boiteries.
Le calcium et le magnésium interviennent également dans la transmission nerveuse.
Leur carence peut être responsable de désordres tels que la tétanie d’herbage ou la fièvre de lait.
Zoom sur les minéraux essentiels
Les rôles principaux du calcium sont : squelette, contractions musculaires, équilibre sanguin, composant majeur du lait.
Situations à risque :
Transitions alimentaires non préparées autour de la mise bas
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : fièvre de lait, boiterie chronique, fractures osseuses, ostéomalacie
Excès : réduit l'absorption du cuivre et du zinc.
Rôles du phosphore : squelette, métabolisme énergétique, tampon du pH du rumen (salive).
Situations à risque :
Croissance
Production de lait
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : chute de croissance, boiterie, baisse de la production laitière, baisse de la fertilité.
Excès : si déséquilibre Ca/P : atonie utérine, chute de la fertilité
Les rôles principaux du magnésium sont : métabolisme énergétique, contraction musculaire.
Situations à risque :
Mise à l'herbe
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : tétanie, non délivrance et rétentions placentaires, ralentissement de croissance.
Les rôles principaux du potassium sont : influx nerveux, contractions musculaires, équilibre sanguin.
Situations à risque :
!rations riches en fourrages (graminées)
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : accélère le transit digestif et la mobilisation des graisses, alcalose, augmente le risque de carence en sodium.
Les rôles principaux du sodium sont : influx nerveux, contractions musculaires, équilibre sanguin.
Les animaux se régulent assez bien par rapport à l'absorption de ces minéraux.
Situations à risque :
Apports de sel insuffisants
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : perte d'appétit, teneur réduite en matières grasses du lait. Combinée avec une carence en potassium : acidose
Excès : rare, chute d'appétit, rétention d'eau
Extraits de Meschy (2010)
Oligo-éléments : pourquoi sont-ils si importants pour vos animaux ?
Les oligo-éléments principaux sont le cuivre, le fer, l’iode, le sélénium, le zinc, le cobalt et le manganèse. Bien que présents en très faibles quantités dans l’organisme, ils lui sont tout du moins indispensables.
Ils ont un rôle essentiel pour la santé des bovins et influencent en particulier le système immunitaire et la reproduction.
L'immunité
C'est principalement le cuivre, le zinc et le sélénium qui détiennent un rôle primordial pour l’immunité. Ils entrent dans la composition de nombreuses enzymes et dans la fabrication des globules blancs.
Plus spécifiquement, la carence en sélénium induit une diminution de l’activité bactéricide et limite également la migration de cellules immunitaires vers le lieu d’infection.
La reproduction
L’ensemble des fonctions reproductrices seront affectées en cas de carence. De la fonction ovarienne, la qualité du sperme, la production et la régulation des hormones sexuelles, le développement fœtal, en passant par l’involution utérine.
Certaines carences prédisposent à l’infertilité par l’augmentation de formation de kystes ovariens, mais jouent également sur l’apparition de métrites et de rétentions placentaires.
Zoom sur les oligoéléments essentiels
Les rôles principaux de l'iode sont : indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes.
Situations à risque :
Utilisation de sel ou de minéraux qui ne sont pas supplémentés en iode
Effets d'un apport déséquilibré :
Avortement en fin de gestation
Veaux faibles
Rétention placentaire
Infécondité
Défaut d'immunité
Les rôles du sélénium sont antioxydants.
Situations à risque :
Absence de supplémentation
Effets d'un apport déséquilibré :
Dégénérescence musculaire
Rétention placentaire
Susceptibilité accrue aux mammites
Les rôles principaux du cuivre sont : il intervient comme cofacteur dans le métabolisme.
Situations à risque :
Supplémentation excédentaire en soufre
Effets d'un apport déséquilibré :
Poils décolorés et fragiles, notamment autour des yeux
Défaut d'immunité
Boiterie
Jeunes peu réactifs et lents
Anémie
Le zinc participe à chaque étape de la vie d'un animal. Cet oligo-élément joue un rôle important dans la spermatogenèse chez les mâles et dans la fertilité chez les femelles, intervient dans la production de l'hormone de croissance et contribue à renforcer les défenses naturelles contre les infections. C'est également un cofacteur de nombreuses enzymes impliquées dans le métabolisme énergétique, c'est-à-dire dans la production d'énergie à partir des nutriments. Et pour compléter le tout, il contribue à maintenir la santé de la peau et des muqueuses en favorisant la cicatrisation des plaies et en participant à la synthèse de la kératine.
Situations à risque :
Pic de lactation
Jeunes nourris à la poudre de lait
Présence dans le lait de composés bloquant le zinc.
Effets d'un apport déséquilibré :
Épaississement de la peau et dépilation
Articulations douloureuses
Problèmes d'onglons
Extraits de Meschy (2010)
Pourquoi les vitamines A, D3 et E?
Les vitamines liposolubles A, D3 et E sont des cofacteurs enzymatiques indispensables à de nombreux processus métaboliques.
Vitamine A
La vitamine A, essentielle à la vision et au développement des muqueuses, joue un rôle crucial dans la reproduction, la croissance et l'immunité.
Vitamine D3
La vitamine D3, souvent appelée "vitamine du soleil", est indispensable à la fixation du calcium et du phosphore, assurant ainsi la santé des os et des dents.
Vitamine E
Quant à la vitamine E, puissante antioxydante, elle protège les cellules des dommages et renforce le système immunitaire.
Ensemble, ces trois vitamines forment un trio indispensable à la santé de vos animaux.
Zoom sur les vitamines
Les rôles principaux de la vitamine A sont : Vision (rétine), régule la multiplication cellulaire, effet anti-inflammatoire
Situations à risque :
En hiver, les animaux alimentés uniquement avec des fourrages
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : épaississement de la peau, squames, perte de la vision, kératine, sensibilité accrue aux maladies pulmonaires.
Rôles de la vitamine D3 : absorption et fixation osseuse du calcium et du phosphore
Situations à risque :
Animaux enfermés à l'abri du soleil
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence ; rachitisme, fragilité du squelette, sensibilité accrue aux carences en calcium
Excès : calcifications hétérotopiques
Les rôles principaux de la vitamine E : antioxydant biologique
Situations à risque :
La complémentation est indispensable.
Effets d'un apport déséquilibré :
Carence : myopathie
Extraits de Meschy (2010)
En résumé
Les besoins en minéraux, oligoéléments et vitamines varient selon l’espèce, l’âge, le stade physiologique et le niveau de production. La quantité apportée ne suffit pas à elle seule : l’assimilation dépend aussi de la qualité et de l’équilibre de la ration, ainsi que des interactions entre les nutriments. Un apport excessif peut, par exemple, gêner l’absorption d’un autre élément.
Pour accompagner les animaux au mieux, la complémentation doit donc être raisonnée à partir de leur alimentation et de leurs besoins réels.





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