Parasites internes en élevage

Mieux les connaître pour mieux les gérer

Des températures douces et une forte humidité favorisent le développement des parasites internes sur les pâtures et parcours extérieurs, augmentant le risque d'infestation des animaux. 

Bovins, ovins, caprins et chevaux au pâturage sont particulièrement exposés, mais les porcs et les volailles peuvent également être concernés, notamment lorsqu’ils ont accès à des parcours extérieurs. 

Une gestion efficace du parasitisme repose sur l'identification des parasites, la compréhension de leurs cycles et des facteurs de transmission. 

Quels sont les principaux parasites à surveiller ?

Strongles digestifs (ruminants, chevaux, porcs) : 

À cycle direct (larves ingérées au pâturage). Fort pouvoir pathogène chez certains sujets, comme Haemonchus contortus (ovins/caprins), Ostertagia ostertagi (bovins) ou les cyathostomes (chevaux). 

Grande douve, petite douve et paramphistome (ruminants) : 

À cycle complexe avec un ou plusieurs hôtes intermédiaires. La grande douve et le paramphistome nécessitent un hôte aquatique (zones humides), tandis que la petite douve passe par des hôtes terrestres (parcelles sèches).

Ascaris (chevaux, porcs, volailles) : 

À cycle direct. Vers ronds dont les œufs sont très résistants et persistent en extérieur. Touchent principalement les jeunes (poulains, porcelets) et les volailles en parcours ou sur litière. 

Coccidies (jeunes de toutes espèces, volailles) : 

À cycle direct. Parasites microscopiques intestinaux. Se développent rapidement en milieu chaud et humide, posant un risque majeur d'entérite chez les jeunes animaux et les volailles. 

Autres parasites spécifiques : 

Les ténias (ruminants, chevaux ; via acariens des pâtures), les oxyures (chevaux ; causant de fortes démangeaisons) et les hétérakis (volailles ; vers des cæcums contaminant parcours et litières). 

Comprendre le cycle des principaux parasites internes

Détecter les parasites : observation et analyses

Une infestation ne provoque pas systématiquement de symptômes immédiats. Cependant, la dégradation de l'équilibre hôte-parasite se traduit par des signes visibles. 

Signes d'alerte : 

  • Diarrhées ou altération de la consistance des fèces 
  • Amaigrissement 
  • Baisse de l'état corporel 
  • Retard de croissance chez les jeunes 
  • Baisse de production laitière 
  • Pâleur des muqueuses (yeux, gencives) en cas d'anémie 

L'appui de la coproscopie : 

L'analyse des fèces permet d'identifier les espèces présentes. Deux contrôles annuels (au printemps et à l'automne) sont préconisés. 

  • À savoir : le comptage d'œufs est indispensable pour les strongles digestifs et les coccidies, alors que la seule présence du parasite suffit pour le ténia, la petite douve ou le paramphistome. 

  • Précaution d'interprétation : le nombre d'œufs ne reflète pas toujours le nombre de parasites adultes. Les résultats doivent s'interpréter en croisant le stade physiologique de l'animal, le climat et l'état général du troupeau.  

Les leviers de prévention pour préserver le troupeau de parasites internes

Gérer le parasitisme interne, c’est gérer l’équilibre entre hôte et parasite.

L’immunité des animaux face aux parasites doit être soutenue et le parasitisme doit être régulé afin de ne pas gêner les performances ni le bien-être de l’animal. La gestion du parasitisme nécessite avant tout une phase de prévention des infestations. 

Pratiquer le pâturage tournant, allonger le temps de repos des parcelles, alterner fauche et pâturage, et éviter le surpâturage (les larves se concentrent au bas de la plante). 

Pour leur résilience face au parasitisme 

La connaissance du type de parasites présents sur son exploitation, ainsi que leurs cycles et leurs conditions de développement. 

Garantir une alimentation équilibrée et couvrir les besoins en minéraux, oligoéléments et vitamines pour renforcer la résilience des animaux. 

Proposer des aliments complémentaires (bassines à lécher, poudres ou liquides) en période de risque pour soutenir l'équilibre digestif en prévention ou lors d'une pression modérée. 

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En résumé

La gestion des parasites internes repose avant tout sur une bonne connaissance des parasites présents, de leur cycle et des périodes à risque. L’observation régulière des animaux, associée à des analyses comme la coproscopie, permet de mieux évaluer la pression parasitaire et d’adapter les interventions.

La prévention reste essentielle : gestion des pâtures, connaissance des parasites, sélection des animaux et soutien de l’immunité contribuent à maintenir un équilibre entre l’animal et les parasites, tout en préservant son bien-être et ses performances.

Mieux connaître le parasitisme, c’est pouvoir agir au bon moment et de manière adaptée à chaque élevage.

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